Le Louvre s’offre un artiste gonfaronnais

Vous connaissez le Louvre ? Vous connaissez Claude, le M.Quiz de notre asso Passadoc ? Un point commun les réunit : cet homme, Lucien Sapin. Alors pourquoi en parler ? Car “Lulu” a une histoire peu ordinaire, de ses origines provençales jusqu’au Kremlin, de son travail personnel jusqu’aux reproductions de tableaux de grands maîtres. Claude Boyer retrace cette histoire peu ordinaire.

Né en 1929 à Gennevilliers Lucien Sapin dit “Lulu” n’en est pas moins un enfant du pays ayant ses origines maternelles à Gonfaron (Var).

Il est le fils de Marguerite Sapin née Fabre qui habitait Impasse Rivière dans la ville où les ânes volent [Gonfaron].

Je prends d’autant plus plaisir à écrire cet article que Lulu était mon cousin, Marguerite et mon arrière grand mère étaient sœurs.

Un artiste complet

Peintre, sculpteur, il a côtoyé les acteurs et les chanteurs les plus en vue, il a voyagé dans le monde entier. Il serait illusoire de prétendre résumer ici l’énumération de ses secteurs d’activité, du Caire à St Pétersbourg en passant par le Kremlin et le palais Princier de Monaco, il peint, sculpte et participe étroitement à la restauration du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Michèle Morgan, Isabelle Adjani, Emmanuelle Béart, Pierre Bachelet, Ralf Vallone, Pierre Fresnay, Carlo Ponti ou Sofia Loren pour ne citer qu’eux sollicitent ses œuvres et son travail.

Un parcours professionnel hors normes

Il a fait de sa vie une œuvre, et de son œuvre une passion tout en restant d’une simplicité rare, n’oubliant pas ses chers gonfaronnais pour qui il peignait, gravait les sépultures ou les noms des villas.

Lulu n’a pas plus de six mois lorsqu’il arrive à Gonfaron. Très vite l’instituteur décèle dans cet élève appliqué l’artiste d’exception. Il parle de lui au marbrier du village et c’est ainsi que Lulu voit naître sa vocation, cette passion de l’art qui l’accompagnera toute sa vie.

Chef d’Atelier des marbres Français, attaché au musée du Louvre au titre de Meilleur Ouvrier de France il restaure la Grande Galerie du Louvre, le pavillon de Flore. On lui confie la restauration des “quatre parties du Monde” de Carpeaux, les “Trois Grâces” de Pradier, “L’amour” de Canova (offert par Napoléon à Joséphine), l’aile de “la victoire de Samothrace”, la pendule de l’ancienne gare du Musée d’Orsay, la dorure à l’or fin du socle de l’Obélisque.

Madame Von Karajan lui commande un piano grandeur nature en marbre blanc au décès de son mari.

Il a travaillé avec Moore, Calder, Arp et Paul Belmondo dont il dira “J’ai travaillé dix huit mois avec lui, il était de ces hommes comme Michel Ange ou Rodin qui imposent une force”

Chargé de mission par le Ministère de la Culture, il oeuvre à l’Hermitage de St Pétersbourg, au Musée Pouchkine à Moscou, Sainte Sophie à Istanbul, l’Acropole à Athènes ainsi qu’à Jérusalem, le Caire, Parme, Florence, Budapest, Sarajevo, Séville, Brasilia, Belgrade, Pétra, Assouan, en Israel et au golfe d’Akaba.

Plus près de chez nous, à Brignoles (Var) il est l’auteur du monolithe gravé témoignant du 700e anniversaire de la mort de St Louis, on peut admirer cette œuvre dans un petit square face à la gare et il a signé aussi l’écusson du couvent Royal de St Maximin (Var).

Son père était sculpteur sur bois, comme quoi il est bien vrai “Qu’un pin fa pas un cade” (“un pin ne donne pas un cade” en occitan).

Un homme simple

Courant sans cesse la planète il aime se ressourcer à Gonfaron pour ses vacances.

C’est un promeneur solitaire qui fuit la ville et les honneurs, un rêveur qui communie avec la nature qu’il peint au gré de ses promenades avec son chevalet, ses toiles et ses pinceaux.

Quand la nature explose il pose ses couleurs sur la toile.

Il dira “Lorsque je commence un tableau je ne vois que des taches. La difficulté de la peinture c’est d’accorder ces taches pour obtenir l’harmonie de l’ensemble”

Exigeant avec lui même, toujours insatisfait de son travail il est sans cesse en quête de perfection et sans doute l’a t’il atteinte car il aura l’autorisation du musée du Louvre d’exécuter des reproductions telles que “les Glaneuses” de Millet, “Souvenir de Mortefontaine” et “le vase bleu” de Corot.

Lulu nous a quittés en 2011.

Claude Boyer

Photo portrait : Famille Boyer-

Photo Grande galerie du Louvre : Vince / Flickr/mezzo.fr/le parisien.fr/wikipedia/

Photo Herbert von Karajan le 24 juin 1963 à l’aéroport de Schipol (Amsterdam, Pays Bas) – Bilsen, Joop van / Anefo / Archives Nationales du Pays Bas

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