Une catastrophe ferroviaire longtemps occultée

1917. Les soldats s’entassent dans un train pour aller fêter Noël en famille. Le train déraille dans la vallée de la Maurienne (Savoie). Claude Boyer a sorti des archives…

Les causes
Photo: wikipedia

La Grande Guerre bat son plein, c’est le premier conflit moderne de l’histoire. Très vite on s’aperçoit que les charges héroïques sabre au clair à cheval appartiennent au passé. Les belligérants jettent toute leur puissance industrielle dans la construction de machines de mort.

Des avions, des chars, des navires, des canons, des obus et des mitrailleuses sortent à flux tendus des usines. Le train ne fait pas exception à la règle, il permet d’acheminer hommes et matériel en un temps record.

Le réseau est saturé, faute de temps le matériel n’est pas entretenu et après trois années d’exploitation effrénée il est à bout de souffle..

Les faits
Photo: magasine monsieur

Le 12 décembre 1917, un train de permissionnaires français des 46e et 47e divisions rentrent chez eux pour Noël. Ils ont combattu en Italie en 1ère ligne face aux troupes Austro-Allemandes après la défaite de Caporetto.

Il y a deux lignes entre l’Italie et la France, l’une passe par Vintimille et l’autre par Modane mais pour desservir Paris il est plus rapide de passer par les Alpes.

A Modane 1200 soldats s’entassent dans un train composé de voitures Italiennes et Françaises pas vraiment compatibles pour rouler dans le même convoi, mais à la guerre comme à la guerre, on fera avec.

Le règlement de la ligne prévoit deux motrices pour pousser et retenir les trains mais le matériel manque. Les cheminots, le mécanicien et le chef de gare, ne veulent pas expédier le convoi mais c’est la guerre et le réseau ferré est sous l’autorité des militaires qui ordonnent le départ.

Le drame
Photo : france 3 regions

A 23h00 le train s’ébranle et quitte Modane en direction de St Michel de Maurienne sur l’une des lignes les plus pentues du réseau ferré français.

Aussitôt quitté la gare le train prend de la vitesse et devient vite incontrôlable. Le mécanicien serre les freins, les roues enrayent, c’est-à-dire qu’elles se bloquent et glissent sur le rail comme une luge sur de la neige.

On estime que la vitesse a atteint 150 km/h alors que les avions de l’époque atteignaient difficilement les 120 km/h.

A l’entrée de St Michel de Maurienne il y a une forte courbe, la locomotive se détache et quelques secondes plus tard toutes les voitures s’encastrent et s’enchevêtrent dans un amas de ferraille et de bois qui s’embrase aussitôt.

Le bilan

Bilan : 425 morts dont 128 seulement identifiés et des centaines de blessés. Sur plus de 1000 hommes, 183 répondent à l’appel le lendemain de la catastrophe.

Les corps, sont inhumés au cimetière de Saint-Michel de Maurienne où un monument est érigé en 1923, puis, en 1962, ils sont transférés au cimetière militaire de La Doua, à Villeurbanne. En 1998, une stèle est érigée sur les lieux de cette catastrophe sur laquelle les autorités militaires font tomber une chape de plomb et classée longtemps secret militaire. Au final, elle aura coûté la vie à plus de 675 soldats.

C’est encore à ce jour la pire catastrophe ferroviaire que la France ait connu.

Claude Boyer

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