“Cada topin trova sa cabucella”

“Tout pot trouve son couvercle”

André Abbe revient sur un proverbe provençal de son enfance…L’article en français est suivi d’une traduction d’Alain Barthélémy.

Mariachis à Menton (Alpes Maritimes); Mariachi band in Menton (French Riviera)

Mariachis à Menton (Alpes Maritimes)

Mariachis vient parait il du mot mariage. Au Mexique les mariachis sont embauchés pour animer les fêtes de mariage.

Ces ensembles associent cuivres et cordes.

Mariage princier

En voyant à la télé un mariage princier unissant un héritier du trône d’Angleterre et une roturière américaine et divorcée, je pensais à un dicton de mon village que je n’ai plus entendu prononcer depuis au moins 30 ans: “Cada topin trova sa cabucella”.

Je ne sais pas trop comment traduire topin (toupin), c’est un pot de terre qu’on remplissait d’eau et qu’on mettait à chauffer sur la plaque de la cheminée. La cabucella et le cabucèu, pas de problème, ce sont les couvercles.

Topin et sa cabucella
Poterie Barbotine

“Tout pot trouve son couvercle”

Ca veut dire qu’à chacun correspond une chacune et inversement, et selon ses choix, à chacun sa chacune, à chacune son chacun… il y a quelque part quelqu’un qui est fait pour nous.

Ce que ma mère ignorait quand elle employait ce dicton, c’est qu’avec internet les toupins et les cabucelles multiplient les chances de constater l’étanchéité de leur rencontre.

traiter quelqu’un de toupin..

Traiter quelqu’un de toupin, dans mon coin du Var, n’était pas très flatteur, l’équivalent de balourd ou bien d’une personne bien portante on dira qu’elle est “ronde comme un toupin”

Enfin, sans son toupin rempli d’eau bouillante, notre vieille voisine de la rue du Galinier, n’aurait jamais pu me lever le soleil quand j’étais enfant.

Elle m’avait guéri instantanément d’une insolation.

André Abbe

Cada topin trova sa cabucella (version en provençal)

En vesènt i a gaire a la telé un maridagi princier unissènt un eiretier au quatrième rèng dau tròne d’Englatèrra em’una plebeiana americana e mai divorçada, pensavi a n una dicha de mon vilagi qu’ai plus entendut citar despuei au mens trenta ans : « Cada topin tròva sa cabucèla ». Lo topin es un pòt de tèrra que s’emplissié d’aiga e que si metié a caufar sus la placa de la chaminèia.

La dicha vòu dire qu’a cadun responde una caduna e au rebos, o, segon lei chausidas, a cadun un cadun, a caduna una caduna… I a en quauque endrech quauqu’un qu’es fach pèr nautrei. Ce que ma maire sabié pas en emplegant aquela dicha, es qu’emé internet lei topins e lei cabucèlas multiplicon lei chanças de tocar dau det l’impermeabilitat de son rescòntre.

Tratar quauqu’un de topin, dins mon canton dau Var, èra gaire flatier, l’equivalent de palòt, motut, estaci. Enfin, sènsa son topin d’aiga bolhènta, nòstra vièlha vesina de la carriera dau Galinier aurié jamai poscut mi levar lo solèu quand èri pichon. M’avié garit subran d’una insolacien.

Revirada d’Alan Bartomieu

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